Témoignages


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Témoignage concernant la tutelle de ma mère et les dernières années de sa vie (38)

Je souhaite témoigner de ce que ma mère, Y. B, a vécu au cours des dernières années de sa vie, alors qu’elle se trouvait sous tutelle. Ce témoignage intervient aujourd’hui après son décès, avec une douleur particulière, car les dernières années de son existence ont été marquées par une profonde détresse, un sentiment d’abandon et l’impression de ne plus être entendue par les personnes et les institutions auxquelles elle était pourtant censée pouvoir s’adresser.

Ma mère était une femme qui avait besoin d’être accompagnée, protégée et considérée avec dignité. La mise sous tutelle devait précisément permettre qu’une personne vulnérable bénéficie d’un accompagnement attentif, humain et effectif. Dans la réalité que j’ai observée, la relation avec les tutrices chargées de sa protection a été extrêmement limitée. Sur une période d’environ trois années, elles ne l’auraient rencontrée qu’à trois reprises. Cette rareté des contacts a profondément marqué ma mère. Elle avait le sentiment d’être éloignée de celles qui étaient pourtant chargées de veiller sur ses intérêts et de la représenter.

Ma mère me faisait part de sa tristesse, de son incompréhension et de son sentiment d’abandon. Elle demandait à être entendue. Elle suppliait que sa situation soit prise en considération. Derrière les démarches administratives, les courriers et les procédures, il y avait une personne âgée, fragilisée, qui cherchait simplement à retrouver un peu de sécurité et de considération. Ses demandes me semblaient souvent accueillies avec froideur ou avec une distance qui accentuait encore son désarroi.

Je considère également que les relations avec les tutrices ont été marquées par un manque d’écoute et de disponibilité que j’ai vécu comme particulièrement douloureux. Ma mère avait le sentiment que personne ne prenait véritablement la mesure de ce qu’elle traversait. Elle avait perdu une grande partie de son autonomie, de ses repères et de sa capacité à décider pour elle-même. Dans ce contexte, l’absence d’un accompagnement régulier et humain prenait une dimension considérable.

À ma connaissance, aucune aide financière personnelle ne lui a été accordée par les tutrices au cours de cette période, malgré les difficultés auxquelles elle était confrontée. Je précise ici qu’il s’agit de mon constat et de mon vécu de la situation, et que les éléments financiers peuvent naturellement être vérifiés à partir des comptes et des documents de gestion de la tutelle. Ce qui demeure certain pour moi, c’est que ma mère vivait cette situation comme une dépossession supplémentaire : elle avait le sentiment que sa vie lui échappait et que ses demandes restaient sans véritable réponse.

Cette situation a également été aggravée, à mes yeux, par l’absence de prise en considération de nombreux courriers adressés à la juge des tutelles. Des courriers de notre famille sont restés sans réponse ou sans réponse qui permette réellement de résoudre les difficultés signalées. Des démarches ont également été effectuées par l’intermédiaire d’avocats. Malgré cela, nous avons eu le sentiment que les alertes concernant la situation de ma mère n’étaient pas suffisamment entendues. C’est ce sentiment d’impuissance qui a été particulièrement difficile à supporter : écrire, alerter, expliquer, solliciter des professionnels et avoir malgré tout l’impression que la situation demeurait inchangée.

Ma mère demandait avant tout que sa parole soit entendue. Elle voulait comprendre ce qui se passait autour d’elle. Elle voulait pouvoir disposer de ses ressources dans des conditions dignes. Elle voulait être accompagnée et considérée comme une personne, et pas seulement comme un dossier de tutelle. Ses supplications et sa tristesse restent pour moi l’un des aspects les plus douloureux de cette période. Je garde le souvenir d’une femme qui cherchait de l’aide auprès de ceux qui étaient précisément chargés de la protéger.

Les dernières années de sa vie ont ensuite été assombries par une maladie extrêmement grave. Ma mère a été atteinte d’un cancer du cerveau, maladie qui a profondément dégradé son état et qui a finalement entraîné son décès. Dans ce témoignage, je ne prétends pas établir un lien médical de causalité entre les difficultés liées à la tutelle et l’apparition de son cancer. Une telle affirmation relève du domaine médical et scientifique. Je veux cependant témoigner de la réalité de son vécu : elle a traversé cette maladie dans un contexte de grande souffrance morale, après plusieurs années au cours desquelles elle avait progressivement perdu une partie de ses repères, de son autonomie et de ce qui constituait pour elle une vie digne.

Le stress et la détresse psychologique ont constitué une dimension importante de cette période. Ma mère était épuisée moralement. Elle avait le sentiment d’avoir tout perdu : une partie de son autonomie, la maîtrise de ses affaires, sa sécurité et, progressivement, sa santé. Voir une personne que l’on aime se retrouver dans cette situation est extrêmement douloureux. Pour moi, son cancer du cerveau et les derniers mois de sa vie restent indissociables du contexte de vulnérabilité et de détresse dans lequel elle a vécu sa fin de vie, même si je ne prétends pas médicalement établir une causalité entre ces événements.

Un autre élément rend cette histoire particulièrement douloureuse pour notre famille. Mon frère est lui aussi récemment décédé. Sa situation avait également été gérée par la même association. Dans les deux situations, j’ai eu le sentiment d’une même froideur institutionnelle face à des décès qui auraient dû susciter au minimum une parole humaine. Après le décès de ma mère, je n’ai reçu aucune véritable marque de compassion de la part des personnes ou de l’association concernées. Je n’ai pas reçu de condoléances qui témoignent d’une reconnaissance de la perte humaine que représentait son décès. Les premiers échanges qui ont suivi ont porté sur des questions relatives à l’héritage.

Ce contraste m’a profondément bouleversé. Une mère venait de mourir d’un cancer du cerveau après plusieurs années de souffrance et de fragilité ; mon frère venait également de décéder ; et, dans ce qui aurait dû être un moment de deuil, les échanges auxquels j’ai été confronté ont surtout porté sur les questions patrimoniales. J’ai vécu cette situation comme une forme de déshumanisation supplémentaire.

Je rédige donc ce témoignage pour rendre à ma mère une parole qu’elle a souvent eu le sentiment de ne pas pouvoir faire entendre. Elle n’était pas seulement une personne placée sous tutelle. Elle était une mère, une femme, une personne avec une histoire, des besoins, des peurs et une dignité. Elle avait besoin d’être écoutée. Elle demandait de l’aide. Elle espérait que les institutions chargées de sa protection prennent réellement la mesure de sa détresse.

Aujourd’hui, elle n’est plus là pour raconter elle-même ce qu’elle a vécu. Il me reste donc le devoir de témoigner de ce que j’ai vu, de ce qu’elle m’a confié et de ce que cette période a représenté pour notre famille. Je souhaite que son décès ne fasse pas disparaître les questions qui demeurent sur la manière dont sa tutelle a été exercée, sur les réponses apportées à ses demandes, sur le suivi dont elle a bénéficié et sur l’attention portée aux alertes adressées aux autorités judiciaires.

Ce témoignage n’a pas pour objet de transformer ma douleur en accusation sans preuve. Il vise à rappeler une réalité essentielle : derrière une mesure de protection, il y a toujours une personne. Dans le cas de ma mère, cette personne souffrait, demandait à être entendue et avait besoin de protection. Ses dernières années auraient dû être celles d’un accompagnement attentif et respectueux. Elles ont, de mon point de vue, été marquées par un profond sentiment d’abandon.

Aujourd’hui, je témoigne pour elle, parce qu’elle ne peut plus le faire elle-même.

Monsieur R. B. – août 2026

Témoignage sur la tutelle de ma mère(24)

Ma mère a été mise en maison de retraite alors que la juge n’en avait pas donnée son accord, de plus elle est à 50 Kms de mon domicile.

Un compte bancaire a été ouvert le 20 mars 23 au nom de ma mère, alors que la juge n’a donnée son accord d’ouverture de compte que le 20 juin 23, bien sur il manque un gros montant.

Ma mère de 88 ans a été victime de la tutelle. On est venu la chercher dans sa maison de retraite pour aller voir la juge. Dans la voiture, la tutelle l’a manipulée pour qu’elle dise devant la juge ce que la tutelle voulait qu’elle dise.

Mme V.B – juillet 2024